JACQUES BREL

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Page mise à jour le 3.01.2010

 


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Cette page vous propose des liens disponibles vers des textes et des vidéos des reprises de Brel dans les langues indiquées. ils n'ont pas un caractère exhaustif. Afin de respecter le travail des auteurs, les liens renvoient vers la page principale des sites, à l'exception des sites écrits dans les langues à alphabet non latin. En effet, le nombre de locuteurs de ces langues étant plus rare, l'accès direct aux pages nous a semblé être la meilleure solution. Que les auteurs nous en excusent.

Certains mots sont liés à des pages extérieures permettant d'expliciter leur signification. Ces liens renvoient, en règle générale, aux articles de la version française de Wikipédia ou par défaut, lorsqu'il n'existe pas d'article, vers la version anglaise.

Jacques Brel dans le monde francophone

Avec plus de 1800 reprises, les textes de Brel font partie du patrimoine musical français et francophone. Outre les albums intégralement dédiés aux chansons breliennes, les spectacles, plus ou moins originaux, font florès. Affirmons-le sans ambages, c'est toujours avec enthousiasme que les artistes décident de se confronter à Brel. Il faut surtout retenir, et c'est surtout visible dans les choix de chansons de ces spectacles, que Brel est reconnu pour la cohérence de son univers philosophique.

D'ailleurs des titres d'albums non-francophones tels que "Le monde de Jacques Brel", "L'univers poétique de Jacques Brel" ou "Un message de Jacques Brel", sont, quelques uns des intitulés phares utilisés dans les compilations ou albums de reprises consacrés au grand Belge.

Jacques Brel ailleurs

Aux quatre coins du globe, plus de 3200 reprises en langue étrangère ont été éditées. C'est évidemment "Ne me quitte pas" qui a connu les honneurs des premières traductions mais nous pouvons dire que "Le moribond" est l'autre grand succès indéniable de Brel hors de la francophonie grâce au succès planétaire de la version de Terry Jacks, "Seasons In The Sun". Parue en 1974 elle a connu un grand nombre d'adaptations dans les langues locales.

C'est la comédie musicale, en 1969, "Jacques Brel Is Alive and Well and Living in Paris" qui a initié plus globalement à l'œuvre brelienne le monde anglophone et occidental, notamment l'Afrique du Sud et la Suède.

Pourquoi traduire Brel ?

Les interprètes et/ou traducteurs de Brel que nous avons interviewés ont été séduits par l'auteur pour des raisons principalement différentes : Srðan Depolo y a retrouvé les éléments d'une foi chrétienne, Denis Bérejnoï l'admire pour son lyrisme, Des de Moor, la nostalgie de ses origines familiales et Walter Di Gemma a retenu les thèmes satiriques déjà présents dans la chanson de cabaret milanaise et italienne.

Brel a écrit plus qu'une oeuvre esthétique, il a écrit sur le comportement humain, certains disent la condition humaine, et sur ses contradictions, avec un discours teinté de tendresse, d'humour et de férocité. Son oeuvre transmet les mêmes préoccupations existentielles depuis les premiers enregistrements et suit doucement un cheminement, une réflexion sur des thèmes qui s'entrecroisent (amour, amitié, enfance, mort notamment) jusqu'à sa disparition. Traduire Brel, c'est traduire cette cohérence.

Il traduttore è un traditore - Le traducteur est un traître

Bien sûr, parmi toutes les traductions proposées ici, un certain nombre est loin de respecter le texte original, il s'agit même parfois de ne reprendre que la musique et d'ajouter des paroles différentes. Les traductions anglaises et notamment celles très connues de Rod McKuen sont sujettes à caution quant au respect du texte brelien, à savoir, en particulier, ces chansons devenues des standards américains comme "If You Go Away" ("Ne me quitte pas") et "Seasons In The Sun" ("Le moribond") qui dégoulinent de bons sentiments. Mort Shuman et Eric Blau ont également commis un "blasphème" au regard des puristes au-travers de "Marathon" ("Les Flamandes") puisque le texte n'a plus rien à voir avec le descriptif psychosociologique que fait Brel des habitantes de sa terre natale. Elle devient une histoire du Monde marquée par le rythme de la musique d'origine. Mais pour leur défense, il faut reconnaître qu'il est difficile de parfaitement transposer culturellement le contexte social dans lequel Brel a évolué et puis pour des projets commerciaux il est parfois bon de rester politiquement correct ou dans l'air du temps - "in the mood" (certains Français diraient "à la mode").

 

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Et Brel, qu'en pensait-il ?

En 1969, lors d'une interview sur la radio RTL, Brel est invité à écouter quelques morceaux de "Jacques Brel is Alive and Well and Living In Paris". Après avoir entendu pour la première fois "Amsterdam" chantée par Mort Shuman, le journaliste lui demande ce qu'il en pense. Brel, qui vient de faire depuis peu la connaissance de cet interprète, qu'il trouve au demeurant fort sympathique, répond qu'à partir du moment où une chanson est reprise dans une langue étrangère, elle n'est plus lui, elle est différente. Il manifeste de l'indifférence, mais une indifférence éloignée du mépris, à l'égard des traductions même s'il en a entendu parler ou les a écoutées. Elles ne lui parlent pas d'autant plus qu'il reconnaît, dans le cas présent, mal maîtriser l'anglais. D'ailleurs, à cette période, Grand Jacques est davantage préoccupé par la préparation de la mise en scène de "L'homme de la Mancha". En effet, de passage à New-York à la même période, il ne s'est même pas rendu dans la salle de spectacle qui présentait la comédie musicale. 

En 1974, il acceptera de faire quelques apparitions dans le film de Denis Héroux tiré de la comédie musicale "Jacques Brel is Alive and Well and Living In Paris" pour y chanter "Ne me quitte pas" en français bien sûr.

Il reconnaîtra cependant quelques temps plus tard retirer un certain orgueil d'entendre ses compositions chantées par Frank Sinatra qu'il admire beaucoup. 

L'impact de Brel sur son auditoire étranger

La lecture des blogs non-francophones montre que Brel a surtout frappé les esprits à la première écoute ou au premier visionnage par sa capacité à transmettre de l'émotion. Cet impact émotionnel a ainsi amené son public à approfondir la connaissance de ses textes ou du moins de quelques uns dont le célèbre "Ne me quitte pas".

Apprécier Brel, c'est entendre une série de textes, c'est pourquoi certains interprètes se sont attachés à traduire et chanter plusieurs de ses chansons dans un même album. Bien sûr, il est difficile d'être Brel, de transmettre l'émotion comme il le fit, mais l'essentiel me semble résider dans le respect de la progression "philosophique", dans le récit de sa vie, dans le partage de ses idées. Et puis le Grand Jacques possède l'art du divertissement, ses orchestrateurs que ce soient François Rauber, Gérard Jouannest ou d'autres composent des musiques populaires qui ont su et savent encore fasciner le public pour peu que les "suivants" sachent redonner une nouvelle jeunesse à un ensemble qui parlent de la vie, des gens et de leurs paradoxes.

Rodolphe GUILLO