Les reprises de Jacques Brel - Total par langue

 
JACQUES BREL

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Page mise à jour le 20.06.2010

 


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Dans cette page, vous trouverez un récapitulatif statistique des reprises des chansons de Jacques Brel selon la langue dans laquelle elles ont été réinterprétées. Puisque nous ne possédons pas toutes les chansons qui ont été inventoriées dans la base de données, il reste un nombre, 96 à la date d’aujourd’hui, de chansons pour lesquelles nous ne savons pas définir avec certitude la langue sur la seule base des informations qui ont été recueillies,

Ce nombre est de toute manière minime comparé à la taille de la base de données et n’altère pas la justesse du commentaire que vous pouvez lire ci-dessous.

COMMENTAIRE

Une étude de la diffusion des chansons de Jacques Brel selon la langue dans laquelle elle a été réinterprétée est importante pour comprendre le degré d’universalité atteint tout au long des années par l’œuvre de notre grand auteur belge.

En effet, la traduction dans une langue différente de l’original implique la volonté d’atteindre un public plus grand, non francophone, à qui l'on donne le droit ainsi que la possibilité de connaître et d’apprécier les chansons de Jacques Brel.

Cette opération est évidemment très importante car nous savons que le succès des chansons de Brel dépend, dans une égale mesure, de la beauté de la musique et du texte. Faire partager la poésie des textes à un public de sensibilité et de cultures diverses sur toute la planète est donc une opération qui, si elle est réalisée à l’origine avec un indubitable objectif commercial, revêt une grande valeur artistique et culturelle.

Cette affirmation est ensuite confirmée par le fait que, pour ce qu’il m’est donné de comprendre, une grande partie des traductions est assurément fidèle au texte original. Je ne peux évidemment pas m’exprimer à propos de langues particulièrement difficiles comme le finnois ou l’hébreu, mais je crois que cela est valable pour les langues plus connues et parlées comme l’anglais, l’espagnol, l’allemand et l’italien. Toutefois, certaines traductions anglaises de Rod McKuen que je qualifierai de tragiques ont vraiment rencontré une suite d’énormes succès commerciaux (bénéfiques pour lui) comme « Seasons In The Sun ». Néanmoins leur sens et leur qualité artistiques se sont éloignés des originaux de Brel.

Si nous parcourons la liste des langues dans lesquelles sont chantées les reprises de Brel, nous voyons avant tout que nous sommes face à des chansons reprises en 39 langues différentes, auxquelles s’ajoutent des versions instrumentales et vocales.

Il va de soi que la langue la plus utilisée est le français. Le nombre de reprises chantée dans cette langue est largement majoritaire lorsque l’on fait la somme des reprises des interprètes francophones. Ceci tendrait à démontrer que de nombreux artistes d’autres pays ont préféré proposer de nouveau les chansons dans le texte original, sans doute, pour exprimer du respect pour la composition et la métrique de Brel. Dans certains cas, l’interprète prend le risque de montrer sa maîtrise imparfaite de la prononciation française mais ceci est souvent compensé par une très grande fidélité à l’original non seulement dans le texte mais aussi dans l’émotion.

Sans surprise, le plus grand nombre de traductions est en anglais : la langue « mondiale » par excellence. Suivent trois langues européennes de pays limitrophes à la France et donc culturellement proche : l’allemand, le néerlandais et l’italien. Si cela se comprend qu’un grand nombre de reprises soient en néerlandais, la langue parlée en Hollande et dans la partie flamande de la Belgique, et dans laquelle Brel avait réinterprété certains de ses morceaux, j’ai été sincèrement surpris du succès que la musique de Brel a eu en Allemagne et en Autriche. Encore aujourd’hui, elle vit avec force grâce à des interprètes comme Klaus Hoffmann (recordman absolu des reprises : 78 environ), Michael Heltau ou Maria Bill.

La différence par rapport à l’Italie se situe dans le temps : chez nous, Brel a connu un grand succès dans les années 70, mais maintenant il est devenu peu connu et son héritage est davantage porté par des chanteurs confidentiels. Alors qu’en Allemagne, en 2006, est sortie une compilation intitulée « Superstars singen Brel » (Des superstars chantent Brel).

Dans ce classement, après l’italien, on trouve certaines langues « exotiques » telles que le polonais (environ 81 chansons traduites), le suédois, l’hébreu et le finnois. Pour ces trois dernières langues, je crois que c’est la réalisation d’une comédie musicale, calquée sur « Jacques Brel Is Alive and Well and Living In Paris », traduite dans la langue locale, qui a été d’une importance fondamentale pour mettre sur un plan plus populaire les chansons de Brel.

Un nombre également très significatif est celui des reprises qui ont été réalisées sous forme instrumentale, renonçant ainsi à la force du texte pour exalter la beauté de la mélodie : il s’agit de morceaux, le plus souvent, réalisés sous une forme classique ou jazzy mais aussi de versions orchestrée avec l’accordéon au premier plan en tant qu’instrument en soliste. Nous serions donc en face de l’énième démonstration de ce mariage des cultures, « sophistiquée » et « populaire », que Brel a réussi à faire avec son œuvre.

Une démonstration qui se manifeste encore plus clairement avec celle qui, selon moi, est la principale évidence de ce classement selon la langue : la forte présence de langues régionales (le catalan, le frison, le corse…) quand il ne s’agit pas de dialectes, surtout italiens.

Il y a environ 13 de ces différentes langues et divers dialectes. Cela a pour moi un sens bien précis : la musique et les paroles des chansons de Brel sont par leur nature intrinsèque destinées à un public populaire : autant les musiques que les textes possèdent une immédiateté qui en rend possible la jouissance par un large public, dans certains cas même les textes peuvent venir encourager l’usage des langues vernaculaires.

Dino Gibertoni

Traduction française - septembre 2007

 

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