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1 - Pouvez-vous nous esquisser brièvement votre carrière et nous dire quel artiste vous a le plus influencé ? Mon parcours artistique a commencé à 18 ans, à peine majeur. Je suis tombé amoureux du genre « cabaret des années soixante » et j’ai commencé mon aventure de chanteur et de cabaretier sur les scènes locales et celles des théâtres milanais, le succès est tel que je commence à apparaître dans plusieurs émissions télévisées et radiophoniques. 2 - Comment avez-vous connu l’œuvre de Jacques Brel ? Au travers de mes spectacles de cabaret. Certains interprètes proposaient les chansons de Brel traduites en italien par Duilio Del Prete et par Enrico Medail. Puis j’ai découvert un Brel particulier dans les célèbres disques d’Herbert Pagani. 3 - Jacques Brel est-il connu dans votre pays ? A l’heure actuelle, je dirais peu. La connaissance de Brel n’advient que si un personnage du palais plus raffiné a la possibilité de le transmettre aux autres. 4 - Quelles chansons de Brel sont vos favorites ? Je dois faire un retour en arrière. J’avais acquis par curiosité un LP de Brel qui est resté sur l’étagère pendant quelques années. Un jour, je me décide à l’ouvrir et à l’écouter. Fulgurant ! Le Brel original me frappe au point de tomber amoureux de toutes ses chansons. Connaissant déjà le Brel interprété par les autres, j’ai compris que la clé qui me convenait le plus pour aimer Brel, c’était précisément Brel lui-même. Son interprétation est unique en son genre, sa force n’a pas d’égal. En le voyant seul sur scène dans les enregistrements vidéo, j’ai pu comprendre d’un bout à l’autre son Art. 5 - Qu'est ce qui vous a inspiré pour traduire et interpréter Brel et pourquoi avez-vous choisi de chanter ces chansons en particulier ? Pour moi, il s’agissait plus que d’une idée, c’était une nécessité. Les chansons qui m’ont frappé ont été celles marquées du sceau de la satire, plus proche de mes cordes, comme « Les bigotes », « Les bonbons », « Les remparts de Varsovie » et puis naturellement celles qui émotionnellement étaient les plus proches de mes ressentis. J’avais un immense désir de comprendre ce que disait Brel. Je ne connais pas le français, mis à part certains mots et phrases que je réussis à saisir. L’œuvre de traduction du français à ma langue milanaise s’est réalisée exclusivement grâce à une énorme dose d’amour liée à un bon vocabulaire. 6 - Quel est l'aspect le plus difficile dans la traduction des textes de Brel ? Nombreuses mais toutes dépassées grâce à ma passion démesurée pour Brel. Devant quelques mots également intraduisibles en français la difficulté a été énorme. C’est seulement en comprenant le sens de la phrase terminée et son humour qu’il a été possible de trouver des chemins alternatifs. J’espère l’avoir bien fait. 7 - Que pensez-vous des traductions des chansons de Brel déjà existantes dans votre propre langue ? Avec l’expérience, quand l’amour devient raison, je crois que les traductions les plus fidèles aux caractéristiques breliennes sont celles d’Herbert Pagani. Elles ont une poésie qui se rapproche beaucoup de la poésie originelle de Brel. Les autres, même si elles sont bien faites, me donnent l’impression d’être plus « cérébrales » et par conséquent, au moins pour moi, moins touchantes. 8 - Connaissez-vous d’autres interprètes des chansons de Brel ? (quelle que soit la langue). Si oui, quels sont ceux que vous appréciez le plus ? J’apprécie beaucoup Céline Dion, Dalida, Serge Lama et Lara Fabian. 9 - Avez-vous trouvé que les personnes avec lesquelles vous avez collaboré étaient résistantes devant l'idée d'interpréter Brel ou au contraire vous ont-elles encouragé ? Quand j’ai décidé de publier les chansons de Brel, aucun éditeur ne s’est montré intéressé. Le premier CD a été en réalité autoproduit. Vu le succès de ces premières traductions, le second CD a été produit par un nouveau label radiophonique. Aujourd’hui, je dois dire merci aux personnes qui apprécient les chansons de Jacques Brel en milanais et qui assistent à mes récitals qui lui sont consacrés. 10 - Comment le public réagit-il à vos interprétations de Brel ? Je cite exactement les phrases que j’ai entendues le plus fréquemment après mes spectacles : « Quand j’ai lu dans le journal un article sur ce spectacle consacré à Brel en milanais, j’étais un peu sceptique. Maintenant, je peux dire que j’ai vu ce qui est une agréable surprise. » ou encore « Ca n’était pas facile de rendre Brel, en milanais de surcroît… Tu ne l’as pas dénaturé et cela te fait honneur ! » 11 - Avez-vous l'intention de faire de nouvelles reprises de ses chansons à l'avenir ? Je ne cache pas que cela me plairait beaucoup. Moi et Max Boccalari avons un projet, celui de créer un coffret avec toutes mes traductions en milanais de Brel, accompagnées de nouvelles. J’espère que, dans le futur proche, on pourra le concrétiser. Janvier 2008 © Walter di Gemma - janvier 2008 © Traduit de l’italien par Rodolphe Guillo - Révision de Dino Gibertoni - 30 janvier 2008
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