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Naturellement, Jacques Brel est surtout connu pour son extraordinaire carrière de chanteur mais il ne faut pas oublier qu’entre 1967 et 1973 son engagement artistique a été principalement consacré au cinéma. Durant cette période Brel s’est révélé être un acteur de bon niveau - chose, qui du reste, était facilement prévisible en raison de son jeu d’acteur dont il a enrichi ses tours de chant - mais aussi un réalisateur doté d’une remarquable sensibilité. Pourtant cette carrière cinématographique, n’a duré que quelques années. En effet, l’ambition de Brel, qui était surtout de devenir réalisateur, a bientôt été brisée par les critiques féroces dont son second film, Far West, a été l’objet en tant que réalisateur. Attristé par l’incompréhension des critiques et du public contre ce qui est probablement l’œuvre la plus personnelle parmi toutes celles qu’il a réalisées, Brel a mis un frein à sa carrière artistique. Contrairement à 1967 où il abandonna la scène pour avoir le temps de se consacrer à d’autres formes d’arts, ce fut là un véritable retrait vers la vie privée. Pour s’éloigner le plus possible de l’environnement qui l’avait sèchement repoussé, Brel entreprît l’aventure du tour du monde en bateau à voile – avec l’Askoy II acquis pour l’occasion – qui le porta jusqu’aux Îles Marquises, dont il ne repartit pour l’Europe qu’occasionnellement. D’un simple point de vue biographique et artistique, la période pendant laquelle Brel se consacra au cinéma est cependant notable. En effet, elle représenta à l’exception de l’album intitulé Brel en 1977, l’ultime expression de son engagement artistique. En tout Brel a réalisé deux films en tant que scénariste et réalisateur et treize films comme interprète. Dans ceux-ci on retrouve les deux films dont il a été réalisateur ainsi que deux courts-métrages produits en 1952 et 1962, alors qu’il était chansonnier « tout court ». Il fait sa dernière apparition à l'écran dans la transposition cinématographique de la comédie musicale "Jacques Brel Is Alive and Well and Living In Paris" où il chante "Ne me quitte pas" dans une scène où il est attablé (et accablé) dans un bistrot.
C'est avec certitude que tous ceux qui sont arrivés sur ce site savent que les chansons de Brel créent de l'émotion. C'est ce que savaient les différents réalisateurs et producteurs de cinéma qui ont pensé à insérer des morceaux des chansons de Brel au cœur d'un film, au moment même où, selon eux, cette chanson aurait créé une émotion particulière chez les spectateurs. Et naturellement, l'effet est obtenu.
Pour notre plus grand bonheur, Jacques Brel a vécu durant une période où, et plus particulièrement en France, l’émergence de la télévision et du cinéma a amené le développement de nombreux documentaires mais aussi d’enregistrements en direct de spectacles et d’émissions destinés à rejoindre ce qui commençait à préfigurer pour le grand public les communications de masse. Les extraordinaires performances en public et la grande personnalité de Brel ne pouvaient certes pas passer inaperçues. Ainsi, aujourd'hui encore, nous disposons de nombreux enregistrements de concerts, d’apparitions télévisées et d’interviews publiées au fur et à mesure sous forme de cassettes vidéo et DVD. De plus, comme tous les grands personnages des arts et spectacles, nous ne manquons pas de reconstructions de sa vie et de sa carrière constamment renouvelées et proposées à chaque anniversaire et ceci dans de nombreux pays où la réputation de Brel a laissé une trace. Il s’agit essentiellement d’émissions ou de documents réalisés pour la télévision dans lesquels apparaissent en plus des éléments de son répertoire (plus particulièrement des concerts et des interviews), des contributions d’autres artistes ou de personnages fameux qui racontent quelle a été son influence sur leur parcours artistique. Cette offre continue de tels documents avec des témoignages toujours nouveaux n’est que l’énième démonstration de l’actualité et de l’importance de la pensée et de l’œuvre de Jacques Brel. Et surtout cela offre la possibilité de continuer à l’admirer en action comme si il était encore là à parcourir le monde de théâtre en théâtre et à mettre en mouvement notre cerveau avec ses affirmations et ses confidences désarmantes.
Dino Gibertoni Traduction française – décembre 2007 & octobre 2008
FILMS
1. Franz (1971) 2. Le Far West (1973)
1. La grande peur de Monsieur Clément (1956) de Paul Diebens 2. Petit-jour (1962) de Jacques Pierre 3. Les risques du métier (1967) de André Cayatte 4. La Bande à Bonnot (1968) de Philippe Fourastié 5. Mon oncle Benjamin (1969) de Edouard Molinaro 6. Mont-Dragon (1970) de Jean Valère 7. Franz (1971) de Jacques Brel 8. Les assassins de l'ordre (1971) de Marcel Carné 9. L'aventure, c'est l'aventure (1972) de Claude Lelouch 10. Le bar de la Fourche (1972) de Alain Levent 11. Le Far West (1973) de Jacques Brel 12. L'emmerdeur (1973) de Edouard Molinaro 13. Jacques Brel is alive and well and living in Paris (1975) de Denis Héroux
DVD OU PROGRAMMES DE TÉLÉVISION
1. Comme quand on était beau (2003) 2. Les adieux à l'Olympia (1973) 3. Brel no porto da Horta - RTP Açores (1999) 4. Brel Knokke (2003) 5. Live in Bergen 6. Quinze années d'amour (2003)
2. Radioscopie - Jacques Chancel (1973) 3. Jacques Brel - Nous les artiste (1979) de Catherine Dupuis 4. Brel (1982) de Fréderic Rossif 5. Brel - Un cri (1985) de Christian Mesnil 6. Askoy II: le voilier de Jacques Brel (1994) de Claude Val 7. Jacques Brel (1998) de Claude Fléouter et Jacques Pessis 8. Une scène de vie (2003) Arte 9. Jacques Brel légende (2005) France 3 10. Legends : Jacques Brel (2007) BBC Four 11. Brel - Brassens - Ferré - Trois hommes sur la photo (2008) de Sandrine Dumarais 12. Brel, Roubaix, je reviens (2008) de Luc Hossepied et David Descatoire
1. "Je vous ai apporté des chansons" présentée par Eve Ruggieri (10 octobre 1998) France 2 2. Jacques Brel - Le droit de rêver présentée par Michel Drucker (27 septembre 2003) France 2
Voir également le site officiel
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